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L'Abeille du Florival
OPIE-MP
Muséum d'Histoire Naturelle
Place Philadelphe Thomas
81600 GAILLAC - insectes.org
Mondialisation oblige, les introductions d'insectes dans des pays où ils sont normalement
absents sont fréquentes. Ainsi, un frelon originaire d'Asie - au nom latin de Vespanous est arrivé ces dernières années. Détecté en 2005 dans le Lot-et-Garonne,
velutina -
ce frelon asiatique proche du frelon européen, Vespa crabro, a depuis fait beaucoup de
bruit. Souvent évoqué à grand renfort de qualificatifs guerriers, ce nouveau venu ne
mériterait rien moins qu'une « mobilisation générale » (La dépêche.fr 03/12/2007) et tout
bon citoyen devrait, paraît-il, poser des pièges destinés à sa capture. Or, qu'en est-il desSur le plan sanitaire, comme chacun le sait, frelons et
dangers associés à cet insecte ?
guêpes ne sont pas des bestioles que l'on dérange sans risque. Il en va donc du frelon
asiatique comme de ses cousins européens : il faut se méfier. Une piqûre est douloureuse
voire dangereuse en cas d'allergie, plusieurs piqûres peuvent entraîner des
complications... mais dans l'immense majorité des cas, on en est quitte pour une vive
douleur, soutenable et temporaire. Pour l'apiculture en revanche, le frelon asiatique estSon habitude d'inclure des abeilles à miel à son régime alimentaire,
une menace sérieuse.
en font un prédateur redouté et malvenu dans un contexte déjà difficile. Des dégâts sont
localement avérés. Alors faut-il poser des pièges ? Si la protection des ruchers est un
objectif légitime, selon les experts du MNHN l'éradication de cet insecte n'est pluscar il est désormais trop bien implanté. Poser des pièges dans ce but est donc
possible
inutile. Ces pièges pourraient-ils être efficaces pour reduire la prolifération de cet insecte,
au niveau local ? Oui, mais pour l'heure une telle stratégie n'a pas fait ses preuves - elle
est en cours d'évaluation - et n'est pas sans risque pour nos écosystèmes. En effet, le type
de piège proposé est fondé sur l'utilisation d'un appât alimentaire, peu sélectif en dépit de
certaines précautions souvent ignorées (taille de l'orifice, respect d'une visite régulière sur
les pièges). Ces pièges sont donc susceptibles d'affecter les populations d'autres espèces, dont le frelon local, qui n'avait déjà pas besoin de cette mauvaise
que le frelon asiatique
publicité, et avec lui d'insectes « utiles » (oui, il y en a !) qui tous les jours nous rendent
service en combattant les parasites de nos cultures et assurant leur pollinisation.
L'OPIE-MP ne conseille donc pas aux particuliers la pose de pièges
réservés à un usage local, temporaire et raisonné dans le cadre de la protection des
ruchers. La destruction des nids quant à elle doit être confiée à des professionnels ou aux
services publics lorsque cela relève de leurs attributions. Enfin, les connaissances
scientifiques sur cet insecte étant en cours de construction, le seul appel à la
« mobilisation générale » valable doit concerner la communication de toute information
propre à préciser la biologie et l'aire d'extension de cet insecte : N'hésitez pas à nous
contacter pour cela.
Pour l'OPIE-MP : Dominique PELLETIER - pelletier.dom82@orange.fr
. Ceux-ci doivent êtreVendredi 19 juin Michel Barnier annonçait : « Un éventuel renouvellement de l'autorisation de l'insecticide Cruiser sera décidé à l'automne et entre-temps son utilisation est interdite ».
Le Ministre de lAgriculture pratique lart de la communication « Bidon ». Il interdit pour 2009 lutilisation du CRUISER, produit denrobage de semences, alors que la période des semis est terminée depuis le 15 mai, sachant que ce produit disposait dune autorisation dun an seulement.
LUNAF sinsurge contre cette non-décision prise par le Ministre de lAgriculture avant son départ. Il laisse le soin à son successeur de prendre la décision courageuse, avant la fin de cette année, de ne pas réautoriser le CRUISER en 2010.
LUNAF estime inadmissible dutiliser lensemble des ruches françaises pour évaluer la toxicité dun produit insecticide sur le terrain.
Ce printemps, lors des semis de maïs, de nombreux cas de mortalités dabeilles et daffaiblissements des colonies ont été observés par les apiculteurs français.
Il a été constaté des émissions de poussières contenant du thiametoxam (matière active du CRUISER) qui se sont dispersées sur laire de butinage des abeilles. Lenrobage des semences nest donc toujours pas maîtrisé. Cet insecticide est dispersé dans latmosphère polluant lenvironnement.
Le CRUISER comme le GAUCHO est un produit systémique. Le Thiametoxam se propage dans la plante et se retrouve à de fortes concentrations dans les jeunes feuilles. Le Professeur V. Girolami de lUniversité de Padoue a démontré quune abeille butinant une gouttelette secrétée par un jeune plant de maïs meurt à une rapidité surprenante.
LUNAF demande que ce risque majeur dexposition des insectes pollinisateurs soit étudié très sérieusement en France avant quune réautorisation du CRUISER soit décidée.
En 2009, des milliers de butineuses ne sont pas revenues à la ruche entraînant des affaiblissements considérables des colonies. Dans ces conditions, les apiculteurs récoltent peu de miel et doivent reconstituer leur cheptel. Cest tout un secteur dactivité en détresse.
Si lapiculture périclite, la production de fruits, de légumes et doléagineux diminuera. Le rôle des pollinisateurs est essentiel. Sans les insectes pollinisateurs le coût de ces aliments serait exorbitant.
Le CRUISER naurait pas dû être autorisé en France en 2009. Son autorisation avait été accordée en reconnaissance mutuelle avec lAllemagne, mais il a été retiré dans ce pays de référence.
LUNAF espère que le prochain Ministre de lAgriculture se montrera lucide quant aux problèmes des abeilles liés à lusage des pesticides et quil décidera de ne pas autoriser les insecticides systémiques dont fait partie le CRUISER.
LUNAF conteste la crédibilité de lAFSSA pour formuler un avis pertinent sur la disparition des abeilles
LAFSSA a pris linitiative de convier les organisations apicoles pour porter à leur connaissance ce quelle estime être les multiples causes de la mortalité des abeilles.
Au vu de lexposé de lAFSSA, lUNAF déplore que le discours officiel continue de nier le rôle prépondérant des pesticides dans les mortalités, les affaiblissements et les dépérissements des colonies dabeilles.
Alors que la Directrice générale de lAFSSA reconnaît dans ses propres déclarations, linadaptation de son agence pour connaître des problèmes environnementaux, lUNAF ne peut comprendre que le dossier concernant les problèmes liés à la disparition des abeilles reste confié à cet organisme.
Face aux révélations de la Presse sur les liens entretenus par un tiers des experts de lAFSSA avec les industries environnementales (M6, « Capital », 7 juin 2009), lUNAF sinsurge contre dabsence totale de crédibilité de lagence, pour formuler des diagnostics ou des recommandations, en présence de tels conflits dintérêts. Au moment où tous les représentants des organismes apicoles européens relatent les effets dévastateurs pour les abeilles des produits phytopharmaceutiques, insecticides, fongicides herbicides utilisés sur les grandes cultures, le discours de lAFSSA qui dénie une évidence environnementale lui fait perdre tout crédit.
LUNAF estime que ce discours négationniste qui écarte systématiquement les travaux les plus éminents lorsquils sont contraires à sa thèse, même lorsquils émanent des grands organismes de recherche nationaux, est dautant plus paradoxal que lAFSSA prétend à la qualité de spécialiste de labeille en Europe et se propose détablir un diagnostic international sur les mortalités dabeilles. Affirmer comme le fait lAFFSA, que la mortalité des abeilles peut dans certains cas résulter de plusieurs facteurs conjugués, est un constat dévidence. Mais refuser dadmettre quà lorigine soit de la mortalité directe, soit de laffaiblissement massif
des colonies et de leur vulnérabilité face à toutes les agressions se trouvent les pesticides, constitue une dénégation insupportable de la réalité écologique
LUNAF exige quau-delà de son affirmation dune pluralité de facteurs néfastes incluant les pesticides, lAFSSA étudie les effets chroniques des pesticides sur les abeilles pour évaluer laffaiblissement quils causent aux colonies.
Fragilisées par un environnement chimique néfaste, le plus souvent à visée insecticide, labeille, est soit immédiatement détruite, soit placée en situation de dépérissement. Cest cette situation qui explique que lors des analyses réalisées sur des abeilles mortes, il est détecté généralement un ou des insecticides, mais aussi parfois la présence de parasites de virus qui ont trouvé en raison de laffaiblissement de labeille un terrain propice à leur développement. Cest ce constat dévidence qui est nié par lAFSSA, au sein de laquelle il semble quaucun spécialiste de labeille disposant de titres universitaires crédibles et justifiant de travaux reconnus par la communauté scientifique, ne soit présent.
Afin que lAFSSA présente à lavenir une crédibilité pour se prononcer sur la décimation des populations dabeilles, lUNAF demande quà tout le moins, des vétérinaires soient associés aux travaux concernant le dépérissement des colonies dabeilles.
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